28/03/2016








                 Part # 3

Cette troisième hospitalisation en autant de mois fût somme toute beaucoup plus rapide et cool si j'ose dire que la précédente. 
Malgré ce laps de temps plus court, je me suis astreint à mes habitudes, à savoir regarder, lire, entendre et prendre. Après une bonne perf de solumédrol, rien ne convoque tant la grâce qu'un bon film qui vous fait partir en orbite. 
Je fus bien avisé de choisir le dernier Tarantino qui est de très bonne facture, une sorte de mix de Réservoir Dogs et Django. L'hémoglobine coula à flots autant que les mots... du grand Tarantino quoi ! 
Point vue lecture, j'avais prévu de lire " J'irai cracher sur vos tombes " de Boris Vian, mais comme une buse, j'omis de le mettre dans l'iPad... Je trouvais heureusement un réconfort certain dans " Tuer le père " de ma belge favorite que je lus d'une traite le deuxième soir.

La journée et la nuit surtout, ma soif décibélienne fût étanchée de manière très original par des lives d'Archive et de Muse entre autres.
La récurrence avec laquelle j'aime me noyer dans les envolées électro-rock progressive musicales des anglais continue malgré le nombre d'années de m'apporter, j'en suis certain un supplément d'humanité, une valeur ajoutée... bref c'est hautement jubilatoire !

Non tant pas par goût que par besoin, comme disposition, je m'adonna comme d'habitude sans retenue à la vape semi-clandestine dans ma chambre, ne craignant en rien les éventuelles remontrances du personnel médical.
Le mois dernier, ils m'encouragèrent même à le faire... si si !

Je profita du seul moment où je pus prendre congé de ma chambre pour faire quelques photos, je n'avais que mon 35 mm. 
Une bonne bouffé d'air salutaire à l'évidence en ce qui me concerne, vous vous en doutez bien !

Coté médical, rien de bien nouveau, la routine des perfs de solumédrol, des prise de sang, des ECG.  Le bénéfice de tout cela s'il y a, se lira sur le long terme...

J'y retourne fin avril pour un nouveau chapitre.


14/03/2016


                                                              Dark city # 6

07/03/2016


        La femme au téléphone

29/02/2016














                                                          Part # 2

De vous à moi, je ne sais comment je qualifierais ce deuxième séjour en neurologie.

Cela commença par une altercation pour le moins vive avec l’ambulancière, me soufflant une place qui me revenait de droit. Elle jacassa, non sans aplomb, que puisque c'était la seule place disponible, je n'avais qu’à faire autrement. 
Pauvre femme, pensais-je, en n'omettant pas de paraphraser Brigitte Fontaine et son célèbre : La vérole dans ta gueule !

Comme un contre-pied, de manière très gentille, je fus accueilli de façon axiomatique par l'équipe médicale qui m'installa dans ma suite. Court préambule avant la félonie qui allait bientôt m'engloutir dans un sentiment de désarroi. 
En effet, armée d'un solide sourire, l'interne en neurologie me signifia sentencieusement qu'elle se refusait à faire poser ma première perfusion ce jour, car ma biochimie du sang ne l'était pas.
J'eus beau arguer du fait que le mois dernier, cela n'avait eu aucune incidence calendaire, elle y opposa un argumentaire médical abscons qui, sans équivoque, me condamnait à une nuit d'hôpital supplémentaire. 
Elle trouva bon de justifier ce manque d’empathie. Seul le médecin décide des protocoles à suivre.
Il eut été illusoire de croire que pousser des cris d'orfraie aient eu quelques effets dissuasifs. Je restai donc interdit quelques minutes, presque atone !

La douce voix chaleureuse de ma belle me sortit de cette torpeur et me poussa à l'action, enfin ! Le programme savamment préparé pour m'occuper allait pouvoir prendre corps. J'y mis trois conditions, auxquelles je m’interdisais de déroger :

- Pas de télé.
- Pas de réseaux sociaux.
- Pas d'infos.

Lecture, cinéma, musique et photographie seraient mes seules occupations ! Loin d’être un sacerdoce, bien au contraire, une sorte de mise au vert souhaitée, si je puis dire. S'affranchir simplement du poids considérable et du pouvoir écrasant que les médias de masses exercent sur nous, même si je suis très loin d'y être assujetti (enfin je me plais à y croire), me parut vital !

Mes quartiers complètement investis, je me connectai au réseau Wireless Fidelity de l'hôpital pour accéder à ma musique, qui est maintenant entièrement dématérialisée dans le nuage et au World Wide Wed. Il apparût que le protocole de communication sans fil fût satisfaisant, en deux mots fluide et non parcellaire. 
L'épisode de reprise de la saison 6 The Walking Dead, particulièrement sanglant, eut un effet curatif certain sur mes nerfs. Aurais-je du m'en inquiéter et y déceler une forme de pathologie sous-jacente ? 

Loin de ces considérations, je me lançai, après mon repas, dans la lecture du roman d'anticipation " Le Meilleur des Mondes " d'Aldous Huxley, qui ferait passer l'état policier Orwellien ( si on force un peu le trait ) comme ataraxique...

" L
es plus grands triomphes, en matière de propagande, ont été accomplis, non pas en faisant quelque chose, mais en s'abstenant de faire. Grande est la vérité, mais plus grand encore, du point de vue pratique, est le silence au sujet de la vérité."

Certainement un des meilleurs livres que j'ai lu depuis longtemps. Je décidai d'étaler sa lecture sur cinq jours pour donner une certaine substance à mes longues journées.

Coté cinéma, j'avais pris soin de télécharger " The Revenant " d'Alejandro González Iñárritu (Amours chiennes, 21 grammes, Babel, Biutiful et Birman). Le dernier opus du mexicain ne manqua pas de me séduire et confirma (si besoin) le talent du réalisateur. 

Comme pris de polyphagie cinématographique, je trouvai bon de visionner Usual Suspects, Zeitgeist : Moving Forward, le mythique Breakfast Club, et La Rage au ventre.

Bashung, Détroit, Dead Can Dance, Archive (toujours), et une partie de la team Ultimae m'accompagnèrent musicalement nuits et jours, dans une grande félicité, non loin d'un nirvana sonore qui m'est indispensable.

Photographiquement parlant, ce fut un peu plus difficile que le mois dernier. Contraint pour mes perfs par des horaires en dents de scies, des cathéters récalcitrants et des séances de kiné (très sympa mais pas planifiées), l'exercice demeura aléatoire. 
Je réussi néanmoins à prendre quelques clichés, dont je vous présente ici une sélection.


Rebelote dans un mois, pour normalement trois jours seulement...

Nb : Merci Bro :)

22/02/2016


                                                                  Moving forward !


Nb : Je reviendrai en photos ( et texte ) sur ma semaine de " vacances " le semaine prochaine.

15/02/2016


                                                              Fragment temporel 

Dix jours sans faire de photos, c'est long, trop long !
J'ai profité d'un sursaut de vitalité pour exploiter les éléments naturels favorables à la réalisation d'une pose longue 
( nuages + vent ), genre photographique que j'aime particulièrement mais subordonné aux conditions météorologiques.
La rareté créant de facto la valeur, je n'ai pas laissé passer l'occasion qui s'offrait à moi d'immortaliser en 65 secondes un infinitésimal moment d'éternité.

Nb : je suis à l'hôpital cette semaine, ma présence sur la toile sera donc furtive...

08/02/2016


                                                                        "Barbe Blanche"


Dimanche 25 novembre, le réveil fut tardif. La veille au soir avec Olivier, nous passâmes une soirée aux frontières du réel. 
L'abus n'excluant pas l'usage et inversement, nous nous adonnâmes sans retenu à l'assimilation de tétrahydrocannabinol, bien loin de toutes considérations dogmatiques liées à de tels pratiques. Point d'apostasie de quelque ordre, juste la joie, l'ivresse et la fraternité, unissant deux frères en partance pour une soirée musicale d'anthologie. 

La mise en stratosphère par le concert d'Archive fut une réussite complète. À l’unisson, nous vibrâmes unis comme jamais par cet irrépressible amour de la musique...

Une douce lumière, des températures qui ne le fussent pas moins caressèrent en ce milieu d'après-midi les fenêtres de l'appartement... Une telle sollicitude nous poussa Ethan, Marina, Olivier et moi, après un rapide consensus, vers l'extérieur, ses promesses et ses inconnues.

Ma mobilité étant concomitante à ma SEP, nous optâmes pour une sortie en fauteuil, qui ne briderait pas notre escapade urbaine. Notre petite tribu se mit en branle tranquillement, tous pourvus de nos appareils photos. Olivier s'attribua le premier le rôle de (mon) chauffeur. 
Malgré nos outrances de la nuit, j'eus la sagacité de nous orienter au jardin de ville et ses couleurs flamboyantes, que seule l'essence de l'automne se plaît à nous offrir. Nous empruntâmes quelques rues, quand en plein dans ma ligne de mire, soudainement je le vis !

Barbe Blanche à 100 mètres, me fit face.

- La belle aubaine ! Me dis-je immédiatement. J'en fis part à mon frère, trop heureux pour taire cette offrande que notre destinée nous accordait.

La première fois que je le vis, il y'a de cela plus de deux ans, je l'affublai de ce patronyme, tant son visage ultra-photogénique me marqua et me convainquit qu'un jour cet homme, véritable icône urbaine selon moi, ferait partie de ma galerie de portraits.

La récurrence d'une telle rencontre flirtant avec le zéro, la possibilité d'un échec photographique ne fut pas envisagé une nanoseconde. Bien calé dans mon fauteuil qui s'approcha inexorablement de ma cible, mon reflex en mode rafale, je n'eus plus qu'à... déclencher !

La foudre eut put tomber à coté de mon sujet, il n'eut probablement pas sourcillé tant son journal semblait l'hypnotiser.


Comme si de rien n’était, nous continuâmes notre ballade que je sus déjà réussie...

01/02/2016

         Bouillon de culture

25/01/2016








                                                 
Á l'instar de mon dernier séjour, hors de question pour moi de rester sans rien faire pendant cinq jours dans ma suite hospitalière et de me complaire dans quelques formes ascétiques...

Comptant que peu sur une divine providence et voulant m'éviter tout raisonnement aporétique, je m'équipai en conséquence.

Accompagné de mon iPad ( + Netflix et quelques ebooks ),  de mon réflex et de ma vapoteuse, je décidai donc d'employer mon temps du mieux possible, une fois mes quartiers investis.

La lecture de Stupeur et Tremblements d'Amélie Nothomb fut un vrai bonheur. Je concède être plutôt fan de l'auteur belge...
Je pris également grand plaisir à visionner la saison 2 de Fargo, une réussite totale selon moi qui fait honneur à la première saison éponyme.
Je parcourus aussi quelques articles d'actualités.
Le peu de vergogne que certains magistrats firent dans leurs analyses diverses sur les dérives sécuritaires de l'état d'urgence ne manquèrent pas de me faire douter du bienfait de sa reconduite.
Les déclarations de M Valls à la BBC pour le moins hallucinantes cimentèrent pour de bon mes craintes.
Dans mon esprit, la sortie de cette nouvelle matrice s'effaça brusquement !

Chaque soir, j'abusais massivement d'Archive, Muse, Lauge & Baba Gnohm dans ma quête de sommeil espérant quelques effets psychotropes en corrélation avec ma condition. Espoir que je savais d'avance vain. L'essentiel étant d'être positivement connecté musicalement, j'ôtai rapidement ce non événement de ma liste de possible frustration...

Etant relativement loin de la sortie pour aller recracher ma vapeur, je pris le parti de privilégier l'audace à la décence et de m'adonner sans retenue à la vape clandestine dans ma chambre.
Dans mon antre individuelle, je vécus cette ridicule distorsion avec délice. La satisfaction ne tient souvent qu'a la valeur qu'on veut bien lui allouer.

Enfin bien sur, tantôt en fauteuil ou aider de ma canne, je partis en quête de quelques clichés à faire. Tantôt à l'affût ou sur le vif, le jour et la nuit, je pris plus de 70 photos sans fil directeur, si ce n'est ce lieux peu affable comme dénominateur commun.
Je vous en fait partager donc quelques uns.

L'historique médical de mon séjour n'ayant que peu d'intérêt, je vous en fait grâce. Je tiens néanmoins à souligner comme à chaque fois la gentillesse et la diligence du personnel hospitalier.

Rendez-vous fut pris dans un mois !

18/01/2016



                                                                                          
L’hydre paradoxalement sans visage qui me ronge ne veux décidément pas rendre les armes. D’aucuns seraient tentés d’arguer que c’est l’essence même de cette bête immonde.

Si l’on postule que cet état de fait est normal, autant tout de suite laisser l’indigent faire sa sale besogne sans sourciller et surtout sans entraver sa déprédation à mon encontre.

Je ne vois pas les choses de la sorte, assurément ! Nul besoin d’un conciliabule de quelque nature pour me convaincre que je vais lui mener, tout comme elle, la vie dure. 

Après consultation de mon neurologue, sa péroraison est identique à la mienne ; six moins après ma grosse poussée de l’été dernier, mon corps est toujours aussi exsangue.

Les portes de l’hôpital me sont donc grande ouvertes… de nouveau. Le solumédrol va (encore) d''ci quelques heures couler à flots dans mes veines. Poison légal temporairement salvateur qui me sera administré durant deux séjours, à partir d'aujourd'hui donc, puis février et une fois par mois... Pendant un an à minima. 

Quelle double ironie je trouve : on m'intoxique pour me soigner et tout alcool me sera dorénavant durablement proscrit alors qu'il m'est, à des moments, salutaire. Les délicieuses bulles d’or des vins de champagne vont cruellement me manquer… 

La douce ivresse qu’elles procurent également ! J'ose à peine évoquer ce deuil gustatif imposé pour les vins de bordeaux, cette inappétence forcée sonnera comme un glas sans fin pour mes papilles. Trinquer au jus de fruit me laisse pour le moins songeur.

Contraint de blasphémer le bon goût n'est pas forcément dans ma nature... D'autres s'en chargent tellement bien sans en éprouver la moindre gêne ; on atteint là une sorte d'apogée de l'invraisemblance !

Mes capacités de résilience ont cependant leurs limites, en pourrait-il être autrement ? Hurler en silence, rire de mes pleurs... sont-ils (des oxymores) aussi inutiles que mortifère ?

J’use déjà d'autres leviers pour m’aider, je vais continuer. Ils sont nombreux et divers. Peut-être me dois-je d’en trouver d’autres, et me sculpter un nouveau paradigme plus en corrélation avec cette nouvelle donne.

Le bon sens veut que la réponse soit dans ce questionnement, à l'évidence. Aurais-je dû y penser et le faire avant ? Finalement, est-ce si important, mon emprise temporelle étant in fine inexistante, autant éluder.

Cela dit, le temps apporte toujours certaines réponses. Je les entendrai, enfin j'essaierai !

Dans cette attente, que la fête commence...