18/01/2016



                                                                                          
L’hydre paradoxalement sans visage qui me ronge ne veux décidément pas rendre les armes. D’aucuns seraient tentés d’arguer que c’est l’essence même de cette bête immonde.

Si l’on postule que cet état de fait est normal, autant tout de suite laisser l’indigent faire sa sale besogne sans sourciller et surtout sans entraver sa déprédation à mon encontre.

Je ne vois pas les choses de la sorte, assurément ! Nul besoin d’un conciliabule de quelque nature pour me convaincre que je vais lui mener, tout comme elle, la vie dure. 

Après consultation de mon neurologue, sa péroraison est identique à la mienne ; six moins après ma grosse poussée de l’été dernier, mon corps est toujours aussi exsangue.

Les portes de l’hôpital me sont donc grande ouvertes… de nouveau. Le solumédrol va (encore) d''ci quelques heures couler à flots dans mes veines. Poison légal temporairement salvateur qui me sera administré durant deux séjours, à partir d'aujourd'hui donc, puis février et une fois par mois... Pendant un an à minima. 

Quelle double ironie je trouve : on m'intoxique pour me soigner et tout alcool me sera dorénavant durablement proscrit alors qu'il m'est, à des moments, salutaire. Les délicieuses bulles d’or des vins de champagne vont cruellement me manquer… 

La douce ivresse qu’elles procurent également ! J'ose à peine évoquer ce deuil gustatif imposé pour les vins de bordeaux, cette inappétence forcée sonnera comme un glas sans fin pour mes papilles. Trinquer au jus de fruit me laisse pour le moins songeur.

Contraint de blasphémer le bon goût n'est pas forcément dans ma nature... D'autres s'en chargent tellement bien sans en éprouver la moindre gêne ; on atteint là une sorte d'apogée de l'invraisemblance !

Mes capacités de résilience ont cependant leurs limites, en pourrait-il être autrement ? Hurler en silence, rire de mes pleurs... sont-ils (des oxymores) aussi inutiles que mortifère ?

J’use déjà d'autres leviers pour m’aider, je vais continuer. Ils sont nombreux et divers. Peut-être me dois-je d’en trouver d’autres, et me sculpter un nouveau paradigme plus en corrélation avec cette nouvelle donne.

Le bon sens veut que la réponse soit dans ce questionnement, à l'évidence. Aurais-je dû y penser et le faire avant ? Finalement, est-ce si important, mon emprise temporelle étant in fine inexistante, autant éluder.

Cela dit, le temps apporte toujours certaines réponses. Je les entendrai, enfin j'essaierai !

Dans cette attente, que la fête commence...                          
                                                                 

14 commentaires:

  1. Bonjour Pascal,
    Te battre, tu sais le faire...
    Courage pour cette semaine.

    nb: l'alcool s'est tellement surfait.... ;-)

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  2. Photo choc, qui dérange presque....
    Trinquer aux jus de fruits, pas si grave ! Le tout est de continuer de trinquer avec les gens qui t'entourent ;) Courage !

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  3. une belle photo percutante! Trinquer au jus de fruit, même si cela peut paraître fade, c'est toujours trinquer et avec ceux que l'on aime, l'importance n'est pas dans le breuvage (du moins j'ose espérer) mais dans la présence!Courage a toi pour cette épreuve! amitiés

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  4. La photo est géniale, en totale osmose avec le texte.
    Dommage pour le vin et le champagne. Mais pendant mes grossesses et bien souvent avant ou après j'ai trinqué à l'eau, et comme le souligne Tatiana, l'essentiel est de trinquer avec les gens qu'on aime, quel que soit le contenu du verre. Pensées fortes et douces pour toi.

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  5. Courage Pascal la guerre se gagne par plein de petites victoires, il ne faut rien lâcher ! Et jus de fruits ou Perrier tranche quelle importance le principal c'est de continuer à trinquer ! :-)

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  6. Tu nous offres une oeuvre forte puissante et personnel... courage!

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  7. "Wouff"!!! Je reste scotchée devant ta photo, tellement elle me parle.
    Tu as réussi en photo à exprimer ce que je peux ressentir parfois. Merci
    Les sacrifices qu'ils soient petits ou grands c'est des sacrifices quand même et mis bout à bout ça devient difficile à supporter. Mais c'est, il parait, le prix de la lutte et j'espère celui de la victoire pour le maximum de personnes.
    Je te souhaite toute la force nécessaire pour t'aider dans ton combat.

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  8. Comme le disent mes prédécesseurs, le principal est d'être là pour trinquer.
    Et avec la force de caractère qui semble t'animer, je suis persuadé que les bulles d'or reviendront garnir ta coupe.
    Quoi qu'il en soit, je vais trinquer à ta santé et aussi te féliciter pour cette photo diablement efficace.

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  9. comme dirait martin lk :o) il faut continuer ! et je trouve beau que tu puisses t'exprimer ! tu es fort de toi et tes proches mais P ... ça fais du bien de dire... qu'on aimerait avoir la tranquillité... le combat fait rage,qu'il se taise ! je te le souhaite :

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  10. Je pensais avoir laissé un commentaire le 18 mais apparemment il y a eu un bug… en tout cas, j'espère que le temps apportera de bonnes réponses :)

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  11. Texte et photo saisissants !

    Que le partage avec nous puisse t'apporter quelques petites bulles virtuelles mais dorées ....

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  12. Bonjour Duke,
    La photo est géniale, bravo!

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